Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /Août /2010 03:37

Je me demandais bien ce que je pouvais lire d’approprié pour mon escapade londonienne. Réfugiée dans le seul endroit praticable d’Harrods, la librairie, je suis tombée sur The Great Gatsby. Il se trouve que cela correspond tout à fait à l’ambiance jeunes filles oisives perdues dans un palace au milieu d’une ville de luxe.

Pour des raisons qui nous sont personnelles, la première page est déjà alléchante ( le narrateur raconte comment son père lui a autrefois donné ce conseil, qui nous rappelle beaucoup un des préceptes d’Epic «  dès qu’un homme te critique, considère qu’il le fait en frère » :

 « Whenever you feel criticizing anyone, just remember that all the people in this world haven’t had the advantages that you’ve had ». )

Pour le reste, tous ces riches new-yorkais cyniques et mourant d’ennui, ayant pour arrière fond les couchers de soleil, la désillusion de l’opulence, la vacuité de leur existence, les robes légères de Daisy et Gatsby’s secret longing me ravissent et ne contribuent pas peu au dépaysement du voyage.

 

Afin de garder les pieds sur terre cependant, et pour le plaisir du contraste, je révise également intensément les questions sociales et le droit public, qui prennent d’ailleurs une saveur particulière au regard de certains détails locaux : à quoi ça servait, je vous le demande, de garantir avant tout le monde la liberté d’aller et venir si c’est pour, au final, tarifer FOUR POUNDS le trajet de métro J

 

 

 

 

Par ernestine burger
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Mercredi 28 juillet 2010 3 28 /07 /Juil /2010 02:06

Finalement, la solitude est une chose assez plaisante, à laquelle on prend vite goût. Je me trouve tout à fait fréquentable et regrette fort de ne pas m’être donné rendez-vous plus souvent.

 

Valéry, tu l’as dit,

 

……ô solitude accrue
De tristesse et de liberté!
Toute chose m’est claire à peine disparue;
Ce qui n’est plus se fait clarté.

 

Et cette studieuse retraite marche bien ma fois. Il faut dire qu’une fois qu’on a lu la description d’Adrien Deume par Cohen, écœurant de paresse et de bassesse, on a plus envie de lambiner. Ce petit rond de cuir de la SDN, c’est une somptuosité sociologique en même tant qu’un effet comique fulgurant.

 

Je reste donc sur ma chaise bien tranquillement, mais, je vais vous dire face à ma fenêtre, j’en vois de belles…le 16e , c’est pas ce qu’on croit…et avant la fin des révisions je pourrai écrire un roman des maris et des amants des bourgeoises de la rue de Bois le vent J

 

Par ernestine burger
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Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /Juil /2010 03:31

Quand bien même j’ai fini par développer une addiction au travail, quand bien même faire autre chose que ficher s’apparente de plus en plus à tenter de parler une langue morte, quand bien même il n’est plus d’autre endroit que je connaisse à part, non plus mon 21 mètres carrés, mais le plateau de mon bureau et la vue sur laquelle il donne, quand bien même cette vue est désormais gravée au fond de ma rétine, quand bien même et quand même bien, et même quand bien, il y a une autre chose qui est encore mieux que de se goinfrer de connaissances, c’est la fiction.

Des fois comme ça, on fait son malin, et on oublie. On oublie d’avoir un bon roman qui duplique sur la monotonie des jours une nouvelle temporalité choisie. Nouveau credo donc, ne jamais oublier de faire sa prière à Belle du seigneur avant de dormir.

De l’amour et d’autres démons, c’était drôle, mais un peu flippant au bout d’un moment toutes ces ruines, cette décadence, et ces corps dégoutants.  

Belle du Seigneur est donc notre prochain antidépresseur de concours très difficile et très estival.

Cela dit, même si la fiction c’est bien, ce serait encore mieux de retourner voir ce que dit Barthes de cette chose étrange qu’est le récit. Et ce ne sera même pas une trahison de la fiction cette échappé, car comme dit si bien ce pédant de Roland, l’autorité narrative est nécessairement sous-tendue par une narration impersonnelle, elle est juste déguisée par des déictiques spatio-temporels J J ( une autre langue morte, le structuralisme )

 

Par ernestine burger
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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /Juil /2010 23:30

Deux soirs de suite déjà. La morina, la déprime, la petite mort : quand il n’y a plus rien de sûr, quand rejaillissent des démons que l’on croyait morts depuis longtemps, mais qui s’avèrent bien vivaces. S’ils restent oubliés et recroquevillés dans un coin du cerveau quand tout sourit, quand les perspectives s’assombrissent, ils déplient leurs anneaux et langoureusement reviennent vous hanter. Du coup, j’ai relu un Spleen, et la vérité m’est apparue :

 

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C'est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
— Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché. (…)

 

Cette description de l’angoisse et de la déprime est exemplaire en ce qu’elle est précise et suggère par la même occasion son remède.

Oui, effectivement, j’ai l’impression que les choses ne sont plus si évidentes, embrouillées comme mon placard et mes chaussures, effectivement c’est comme si toutes les erreurs passées revenaient de millénaires oubliés.

Dès lors, la solution n’est elle pas la rigueur absolue ? j’aurai donc désormais un rythme martial, aux horaires et aux pauses immuables. Comme ça si le travail est bien identifié sur des plages précises, et ce que je ne peux pas dire que ma vie est loisir entrecoupé de travail ? J car dès lors que les choses sont clairementposées, tout n’est il pas question de perspectives ? :freud.jpg

Par ernestine burger
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Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 23:52

Définitivement, je ne critiquerai plus jamais l’ENA. Parce que des gens qui ont su rester deux mois assis sur leur séant de 8 heures du matin à 11 heures du soir, ne peuvent être que des gens exceptionnels. En tous cas c’est ainsi que je me vois, héroïque : rester assise un samedi, aussi disciplinée que si l’on avait le pistolet sur la tempe alors que les dernières démarques trainent encore rue de Passy, voilà quelque chose à raconter à mes petits enfants.

Comme disait si bien ce texte latin, il faut ou boire ou s’en aller : lors d’un diner, soit l’on s’enivre avec tous les autres, soit l’on reste sobre, seul. Il n’y a pas de demi mesure. Je boirai jusqu’à la lie le vin de la préparation assumée.

Comme dit la chanson, il reste du chemin, mais j’en suis capable. Chanson que j’emprunte au génial blog A la recherche des sons perdus, une oasis de la blogosphère, qui à nouveau m’oblige à faire le lien entre Habermas, ( ou du moins les succédanés de sa pensée dont on nous régale quotidiennement ) et le blog : quel meilleur moyen de créer une société civile ou simplement une société, que le net ? une autre chose que j’assume, c’est d’être GEEK.

 

 

Par ernestine burger
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